02/08/2017

Eric Arnoux back to business ?

A sa manière, Eric Arnoux est un orfèvre. En effet, si le promoteur immobilier, sans morale ni scrupule, traine derrière lui une odeur de soufre et si la justice suisse le poursuit pour une dizaine de chefs d’inculpation, l’escroc respire pourtant à l’air libre dans son luxueux chalet de Megève. Selon certaines rumeurs, (persistantes) il s’apprêterait même à revenir aux affaires…

 

Elle n’est pas belle la vie ?

Eric Arnoux a été arrêté à l’aéroport de Genève fin mars 2017, ce qui compte tenu de ses états de services, plus de 200 millions d’euros détournés, semblait somme toute logique. Mais à la grande surprise de toutes ses victimes escroquées, il fut relâché à peine trois mois plus tard. Certes la caution demandée par le Ministère public était astronomique mais ses avocats britanniques ont mystérieusement trouvé les fonds nécessaires pour que le « promoteur ruiné » recouvre la liberté . Et c’est ainsi que l’escroc profite de l’été à l’air pur de la station huppée française. Retournera-t-il en Suisse pour répondre devant la justice de tous les délits commis ? Cette question reste, pour l’instant, sans réponse…

Retour sur un parcours de haute-voltige

Cet élargissement inopiné est d’autant plus incompréhensible que les « exploits » d’Eric Arnoux sont nombreux et anciens. Ce quinquagénaire, menuisier de formation, a commencé sa reconversion dans l’immobilier en construisant des chalets de luxe à Megève dans les années 2000.  Au début tout allait bien, mais très vite les artisans se sont plaints de ne pas être payés et les investisseurs ont vu les millions prêtés pour des projets immobiliers partir en fumée. De son côté, le promoteur explique toutes ses mésaventures par la crise financière de 2008 !  Pourtant après ses déboires français, Eric Arnoux à continuer la cavalerie, il s’est juste contenté de traverser la frontière et c’est ainsi qu’on le retrouve aux côtés d’un autre promoteur, tout aussi sulfureux, Thierry Dubuisson. Tous deux sont impliqués dans le vaste scandale de Grimentz en Suisse romande.  Ensuite, l’ancien menuisier change une nouvelle fois d’échelle et se lance dans un fonds d’investissement luxembourgeois, qui promettait des rendements dignes de Bernard Madoff, qui aurait fait faillite et perdu 55 millions d’euros.

Malgré cela, il parcourt le monde de Miami à Dubaï et crée des sociétés écrans un peu partout sur la planète, une usine à gaz où les fonds se déplacent dans la plus grande opacité, multipliant les victimes, particuliers, banques et même les cantons suisses. Nonobstant toutes ses banqueroutes, il mène grand train sans jamais n’être inquiété, jusqu’à ce jour de mars 2017 où la foudre l’a enfin rattrapé.

Et maintenant…

Avec l’épée de Damoclès de la justice suisse au-dessus de la tête, tout porterait à croire qu’Eric Arnoux ferait profil bas et se mettrait au vert. Cependant, malgré l’internationalisation de ses malversations, le « promoteur » ne semble pas poursuivi ailleurs qu'en Suisse. Il vit paisiblement en France et rien ne l’empêche de reprendre ses activités. Il a acquis un savoir-faire hors pair en matière de finance et d’embrouilles et selon les rumeurs (persistantes) il ne compte pas prendre une retraite anticipée…

 

26/01/2017

Comment mener la dolce vita lorsqu’on est couvert de dettes ? Suivez la méthode Eric Arnoux

Officiellement Eric Arnoux est promoteur immobilier. C’est l’objet de sa carte de visite, mais en réalité, ce Monsieur est seulement l’initiateur de projets destinés à ne jamais voir le jour. En clair, on pourrait dire qu’il est un promoteur virtuel.

Il crée des entreprises, dont la plupart sont des coquilles vides, il n’a rien inventé, ils sont nombreux à exploiter toutes les combines de la finance débridée.

Ses projets lui permettent d’emprunter de l’argent aux banques ou de faire payer des investisseurs crédules qui rêvent d’un chalet en montagne ou de rendements excessifs. Puis lorsqu’Eric Arnoux commence à sentir les gros nuages noirs arriver, il déclare sa société en faillite.

Là encore, il ne fait preuve d’aucune imagination, le procédé est classique. De faillite en faillite, le voici à la tête d’une montagne de dettes : 30 millions de francs suisses. Et alors ? Le proverbe ne dit-il pas qu’on ne prête qu’aux riches…  

La méthode Eric Arnoux

1- Si vous demandez un prêt de 5000 euros à votre banque, elle vous demandera une montagne de paperasse, vous fera lanterner pendant des mois et finira par vous envoyer une lettre « Nous sommes désolés, blablabla… »

Avec la méthode Arnoux c’est plus rapide : créer une petite SARL qui ne vous coutera que quelques sous, allez voir votre banquier avec dans votre attaché case un projet mirifique comme le projet Inalp dans le Valais, création d’un hôtel 4 étoiles et des dizaines de villas près des pentes de la station de ski.


Vous pouvez même vous payer le luxe d’aller déposer la première pierre. Votre banquier vous déroulera le tapis rouge, « Cher Monsieur de combien avez-vous besoin ? Deux millions de francs suisses ? » Bingo. Ensuite, faites filer votre argent en douceur vers d’autres coquilles vides, déclarez-vous en faillite et le tour est joué.


2- Ensuite, l’affaire se corse, vous devez prouver à vos créanciers que vous êtes ruiné pour qu’ils ne puissent pas saisir vos biens. Mais une fois encore la méthode Arnoux est simple, vous ne possédez plus rien à votre nom, ni résidence principale, ni voiture.

Créez des SCI ou des sociétés écrans dans lesquels vous n’apparaissez pas et continuez de vivre dans un endroit luxueux et de rouler en Ferrari. C’est amoral, certes, mais agréable…

Vous sentez que vos créanciers deviennent rouges de colère, que la justice commence à s’intéresser à vous. Ça sent le roussi. Déménagez, il vous reste quelques dizaines de millions de francs pour vous installer où bon vous semble, à Londres par exemple.


Le temps que la justice obtienne votre extradition, vous aurez eu le temps de filer sous les cocotiers de Bali. Elle n’est pas belle la vie ?